Le storytelling du courant d’art NeXT-Art-Emotion

Les Impressionnistes ont libéré la couleur des contraintes du sujet et ils n’ont cessé de faire l’éloge du quotidien : l’humain, les loisirs, la société. Les peintres ont choisi de s’emparer du réel en abandonnant les canons académiques, la mythologie, l’allégorie, le symbole… Ils font encore de la peinture d’histoire, mais c’est l’histoire du quotidien. C’est bien pour cela que l’on peut trouver des passerelles entre eux et la création contemporaine. Leur caractéristique commune, c’est d’avoir été refusés par le salon officiel. 

 

Les Impressionnistes cultivent l’esprit de révolte, ce sont des rebelles, qui veulent s’exprimer en toute liberté. Ils se constituent en société coopérative avec des statuts très précis, et un seul objectif : monter une exposition. A cette fin, chacun apporte une participation financière. Les besoins matériels sont mutualisés. Et comme il s’agit d’une expo-vente, ils partagent les bénéfices ! 

 

A cette époque, les galeries n’existaient pas encore, les marchands d’art sont rétablis fin XIX siècle. Le Salon était la seule façon pour un artiste de se faire connaître du public et d’obtenir des commandes publiques.

 

La préhistoire du Salon des refusés remonte à 1846 quand le jury du Salon Officiel Parisien rejette plusieurs œuvres de Gustave Courbet, ce qui provoque la colère de critiques d’art comme Baudelaire. En 1848 le gouvernement de la IIe République supprime ce jury. La conséquence est un salon rempli d’œuvres de qualité très variable et la réaction très partagée du public. Le président Louis Napoléon Bonaparte rétablit alors le jury.

 

A l’initiative de Napoléon III lui-même, qui jugeait le jury officiel trop sévère, ce dernier ayant refusé 3 000 œuvres sur les 5 000 qui lui furent présentées, est lancé le Salon qui est l’une des illustrations de l’émergence, dans la seconde moitié du xixe siècle, d’une modernité artistique en opposition avec le goût officiel

24 avril 1863, “de nombreuses réclamations sont parvenues à l’Empereur au sujet des œuvres d’art qui ont été refusées par le jury de l’Exposition. Sa Majesté, voulant laisser le public juge de la légitimité de ces réclamations, a décidé que les œuvres d’art refusées seraient exposées dans une autre partie du Palais de l’Industrie.” L’exposition se tient ainsi au Palais de l’Industrie en 1863. Un artiste comme Edouard Manet doit ainsi sa célébrité à la polémique la plus violente de l’histoire de l’art du xixe siècle, déclenchée par son « Déjeuner sur l’herbe » lors de ce Salon.

 

En 1867, voyant leurs tableaux toujours refusés par le jury du Salon, Renoir, Bazille, Monet, Sisley et Pissaro signent une pétition pour le rétablissement d’un espace destiné aux refusés. En vain. En 1873 et 1875, toujours en marge du Salon officiel, un espace est ouvert aux refusés. Le 15 avril 1874, une trentaine de peintres exposent leurs oeuvres dans l’atelier de leur ami, le photographe Félix Tournachon, plus connu sous le pseudonyme Nadar, au 35, boulevard des Capucines. Cette situation prend fin, en partie, en 1881 avec la réforme qui brise le monopole du Salon, transformé en Salon des Artistes Français.

En 1884 pour que tous les artistes puissent présenter leurs œuvres librement, sans être soumises à l’appréciation d’un jury, la Société des Artistes Indépendants crée le Salon des Indépendants, avec la devise « sans jury ni récompenses ». Le Salon des indépendants poursuit aujourd’hui encore la mission qu’il s’était donnée alors.

 

C’est ce qui nous conduit à l’art d’aujourd’hui, où nous assistons justement au retour des collectifs d’artiste depuis une dizaine d’années. Ces artistes sont dans la même dynamique que les Impressionnistes en leur temps qui donnaient la primeur aux effets de lumière.

 

Un jour, l’atelier de Nadar reçoit la visite d’un certain Louis Le Roy, critique du journal Le Charivari. Il ironise sur ces artistes qui se détournent de la manière académique en vogue sous le Second Empire et au début de la IIIe République. Il intitule son article le 28 avril 1874 « L’exposition des impressionnistes », d’après le titre d’un tableau de Claude Monet, Impression soleil levant (1872), qui fait partie de l’exposition. Prétendant ridiculiser les exposants, le critique écrit : « Impression, j’en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans ».

 

Bravo monsieur Le Roy , le Grand visionnaire! 

Il est en effet ironique de noter que la plupart de ses membres, tels Boudin, Cézanne, Degas, Monet, Pissaro, Renoir, Sisley… tiennent aujourd’hui le haut de l’affiche dans les plus grandes salles des ventes du monde. 

 

Méfiez-vous, cher public, des choix qu’on vous impose, des tendances et autres artistes à la mode. En effet, depuis une 20aine d’années, dans l’art d’aujourd’hui, nous sommes témoin de longues explications de texte dans un dictionnaire « snobinard » de ce que l’artiste a voulu dire, en réponse préventive des critiques d’art.

Par le mouvement NeXT Art Emotion, nous appuyons le retour des collectifs d’artistes. Nos artistes professionnels sont dans la même dynamique que les Impressionnistes en leur temps, avec la volonté de créer des œuvres dans tout domaine artistique et plastique confondu, où l’oeil du public est au centre. 

 

Notre posture ?  Nous respectons et mettons au dessus de tout l’émotion subjective du regardeur. Et c’est pour cela que nous avons à coeur la défense des artistes émergents qui vont à contre courant.